Ce qu’elle croyait avoir perdu
Elle pensait perdre son espace personnel lorsqu’elle m’a accueilli.
Elle pensait que son appartement deviendrait plus bruyant.
Plus encombré.
Moins tranquille.
Elle avait raison.
Je prends de la place.
Je dors sur son banc.
Je m’installe devant le piano.
Je bloque parfois les pédales.
Et je refuse catégoriquement de considérer cela comme un problème.
Mais elle a découvert quelque chose.
Ce qu’elle a réellement perdu…
C’est la possibilité de jouer seule.
Parce qu’elle n’est plus seule.
Depuis trois ans, chaque fois qu’elle s’assoit devant le piano, je suis là.
Chaque note a désormais un témoin.
Chaque erreur a quelqu’un pour attendre.
Chaque réussite a quelqu’un pour la partager.
Et lorsqu’elle joue une mélodie douce, je ferme les yeux et presse mon corps contre son bras.
Je ressens les vibrations.
Elle ressent ma présence.
Et pendant quelques minutes…
Nous ne sommes plus deux êtres séparés.
Nous sommes simplement deux compagnons partageant la même musique.





