Quarante-trois jours dans une boîte
Pendant quarante-trois jours, mon monde s’est résumé à une vieille boîte en carton humide.
Elle était couchée sur le côté, au bord d’une route, dans une petite ville côtière de Bretagne.
Je ne voyais plus le ciel.
Je ne voyais plus les passants.
Je ne voyais même plus mes propres pattes.
Mon pelage gris et brun, autrefois doux, était devenu sale et emmêlé.
J’étais une petite chatte tigrée.
Aveugle.
Et seule.
Trente-huit familles passaient devant moi chaque semaine.
Certaines ralentissaient.
Certaines regardaient.
Puis elles continuaient leur chemin.
Personne ne s’arrêtait.
Pour eux, j’étais simplement une silhouette recroquevillée dans une boîte détrempée.
Une présence qu’il était plus facile d’ignorer.
Alors j’ai appris à reconnaître les choses autrement.
Les chaussures.
Les moteurs.
Les portières.
Les voix.
La pluie sur le carton.
Le vent contre les murs.
Chaque jour ressemblait au précédent.
Jusqu’au quarante-quatrième.
Ce jour-là, j’ai entendu des pas.
Mais quelque chose était différent.
Les pas se sont arrêtés.





