Je connaissais déjà le chemin
Nous avons avancé lentement dans le couloir.
Je connaissais chaque obstacle.
La table de cuisine.
Le coin du mur.
Le petit tapis.
La porte.
Je n’avais pas besoin de lumière.
Je n’en avais jamais eu besoin.
J’avançais au son de ses pas.
À l’odeur de sa main.
Au souvenir de chaque meuble.
Puis nous sommes arrivées près de la porte latérale.
La lampe de poche était accrochée là.
Marguerite l’a attrapée.
La lumière s’est allumée.
Elle s’est laissée tomber sur le sol.
Puis elle m’a prise dans ses bras.
Et elle a pleuré.
Mais ces larmes étaient différentes.
Ce n’étaient plus les larmes vides qu’elle versait depuis les funérailles de Thomas.
C’étaient des larmes de soulagement.
De gratitude.
Elle m’a serrée contre elle.
« Je croyais que c’était moi qui t’avais sauvée… »
Sa voix s’est brisée.
« Mais depuis le premier jour, c’est toi qui me guidais. »
Je me suis blottie contre elle.
Je ne pouvais pas lui expliquer.
Je ne pouvais pas lui dire que je n’avais jamais considéré mon handicap comme une raison de renoncer.
Je connaissais simplement mon chemin.
Et cette nuit-là, je lui ai montré.





