La lumière est revenue
Aujourd’hui, je pèse neuf kilos de plus.
Mon pelage est épais.
Brillant.
Doux.
Je ne vis plus dans une boîte en carton.
Je vis sur un canapé.
À côté de Marguerite.
Chaque soir, je dors encore contre son cœur.
Mais quelque chose a changé.
Marguerite rit de nouveau.
Elle lit son journal à voix haute.
Parfois, elle me raconte les nouvelles.
Je n’y comprends rien.
Mais j’écoute.
Elle a recommencé à sortir.
Elle a rejoint un club de lecture.
Elle marche de nouveau dans les rues.
Elle parle aux voisins.
Elle sourit aux inconnus.
La maison n’est plus silencieuse.
Elle est vivante.
Et moi ?
Je suis toujours aveugle.
Je ne verrai probablement jamais le visage de Marguerite.
Mais je connais sa voix.
Son odeur.
Ses pas.
Son cœur.
Et cela me suffit.





