La nuit où tout est devenu noir
Puis vint la nuit du 17 octobre.
Le vent frappait violemment les fenêtres.
La pluie faisait vibrer les volets.
Je dormais contre Marguerite lorsque la maison s’est brusquement arrêtée.
Plus de lumière.
Plus de chauffage.
Plus de petit ronronnement électrique dans les murs.
Rien.
Marguerite s’est redressée.
Son cœur battait très vite.
Elle cherchait quelque chose.
Sa lampe de poche.
Mais elle ne savait plus où elle l’avait posée.
« Clover ? »
Sa voix tremblait.
Pour la première fois, j’ai compris quelque chose.
Marguerite avait peur du noir.
Moi, non.
Le noir était mon monde depuis longtemps.
J’ai quitté le lit.
Je me suis approchée d’elle.
J’ai posé doucement une patte sur son poignet.
Elle s’est figée.
Puis j’ai avancé.
Un pas.
Deux.
Trois.
Je me suis arrêtée.
J’ai attendu.
Marguerite s’est levée.
Ses doigts ont cherché dans l’obscurité.
Puis ils ont rencontré le bout de ma queue.
Elle a compris.
Elle m’a suivie.





