Le rayon de soleil
Au bout de trois semaines, je connaissais presque chaque centimètre de la maison.
Je longeais les murs avec mes moustaches.
Je reconnaissais les tapis sous mes coussinets.
Je savais où se trouvait la table.
Le canapé.
La cuisine.
La porte.
Et surtout…
Je savais exactement où trouver le rayon de soleil le plus chaud.
Chaque après-midi, à 14 h 14, une petite tache de lumière chauffait le parquet du salon.
Je ne pouvais pas la voir.
Mais je pouvais la sentir.
Je m’y allongeais.
Marguerite m’a dit un jour :
« C’était l’endroit préféré de Thomas. »
Je n’ai rien répondu.
Je me suis simplement roulée en boule.
Le soir venu, j’avais une autre habitude.
Je dormais directement sur sa poitrine.
Je posais mon corps contre son cœur.
Elle passait doucement sa main dans mon pelage.
Parfois, elle murmurait :
« Tu es devenue mon petit garde du cœur. »
Je crois que j’étais devenue quelque chose de plus.
Je n’étais plus seulement la chatte qu’elle avait sauvée.
J’étais devenue une présence.
Une raison de se lever.
Une petite respiration dans une maison qui avait oublié comment vivre.





