Je me souviens encore de cette sensation.
La chaleur de son corps.
La douceur de ses bras.
Le calme de sa respiration.
Pendant quelques secondes, je suis resté immobile.
Puis mes muscles se sont détendus.
J’ai fermé les yeux.
Je n’avais plus besoin de regarder autour de moi.
Plus besoin de surveiller la porte.
Plus besoin de me demander si quelqu’un allait repartir sans moi.
Je me suis simplement laissé aller contre lui.
Mon poids s’est doucement posé dans ses bras.
Et quelque chose que je n’avais pas ressenti depuis longtemps m’a envahi :
le soulagement.
Peut-être que j’avais enfin été choisi.
Peut-être que je n’étais plus seulement un chat silencieux derrière une grille.
Peut-être que quelqu’un avait enfin compris que mon calme n’était pas de l’indifférence.
C’était ma façon d’attendre.
Nous avons quitté le refuge ensemble.
Et tandis que la voiture avançait, je regardais le monde défiler derrière la vitre.
Je ne savais pas encore où nous allions.
Mais pour la première fois, je n’avais pas peur de la suite.





