On m’a dit que j’étais « trop bavard ».
Trop présent.
Trop demandeur.
Trop… moi.
Je ne comprenais pas vraiment ce que cela signifiait.
Moi, je savais seulement une chose : j’aimais parler.
J’aimais miauler lorsque quelqu’un entrait dans une pièce.
J’aimais répondre lorsqu’on me parlait.
J’aimais suivre les humains et leur faire comprendre que j’étais là.
J’aimais surtout leur compagnie.
Mais dans ma première famille, ma voix était devenue un problème.
Mes miaulements étaient trop fréquents.
Mon besoin d’attention demandait trop de patience.
Alors un jour, je suis retourné au refuge.
Je me souviens encore de cette sensation.
La porte qui se referme.
Le bruit des autres chats.
L’odeur familière du refuge.
Et cette question silencieuse qui me traversait :
« Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »
Je n’avais pourtant pas changé.
J’étais toujours le même chat.
Toujours aussi bavard.
Toujours aussi affectueux.
Toujours prêt à venir chercher une caresse.
Je ne savais pas encore que cette particularité qui avait fait fuir ma première famille allait devenir, pour quelqu’un d’autre, l’une des choses les plus adorables chez moi.
Quelques jours plus tard, une femme est entrée dans le refuge.
Et lorsque ses yeux ont croisé les miens, quelque chose a changé.





