Je la regardais avec mes grands yeux.
Elle me regardait en retour.
Je miaulais.
Elle vérifiait ma nourriture.
Tout allait bien.
Elle vérifiait mon eau.
Tout allait bien.
Elle regardait mon couchage.
Je n’avais aucun problème.
Alors pourquoi continuais-je ?
Parce que j’aimais simplement faire entendre ma voix.
J’avais probablement beaucoup de choses à lui raconter.
La journée.
Les bruits entendus dans la maison.
Les nouvelles odeurs.
Les petits mouvements derrière les portes.
Et peut-être simplement le bonheur d’être enfin dans une maison où personne ne me demandait de me taire.
Elle a fini par comprendre.
Je n’étais pas malade.
Je n’étais pas perdu.
Je ne demandais pas forcément quelque chose.
J’étais juste un chat bavard.
Et plus elle apprenait à me connaître, plus elle découvrait que mes miaulements faisaient partie de ma personnalité.
Au fil du temps, j’ai commencé à dormir dans sa chambre.
Puis près d’elle.
Puis très près d’elle.
Très, très près.
À vrai dire, je n’ai jamais vraiment compris le concept de « distance personnelle ».
Pourquoi dormir au bout du lit quand on peut être près de son visage ?
Pourquoi rester à quelques centimètres quand on peut être collé contre son oreiller ?
J’avais enfin trouvé mon humaine.
Je comptais bien en profiter.





