5. Le gardien des étudiants : une présence apaisante
Au fil des années, le Professeur Meow a élargi sa présence jusqu’à la bibliothèque universitaire. Alors que des centaines d’étudiants s’installaient autour des tables pendant les périodes de révision, le chat se déplaçait avec une grâce feutrée entre les rayonnages.
Il possédait une intuition remarquable. Il se dirigeait souvent vers les étudiants les plus stressés ou fatigués. Sans demander la permission, il sautait doucement sur la table, marchait avec précaution à côté des feuilles de cours et s’installait en rond. Puis, il déclenchait son ronronnement régulier, apportant une onde de calme bienvenue.
Des coutumes se sont créées naturellement :
- Le geste porte-bonheur : Une caresse sur son dos avant d’entrer en salle d’examen était devenue une tradition rassurante pour beaucoup.
- Le respect de son sommeil : Si le Professeur Meow s’installait sur un cahier, les étudiants préféraient faire une pause plutôt que de le déranger.
- Le fil rouge des promotions : Lors des remises de diplômes, d’anciens élèves revenaient parfois lui rendre visite, immortalisant leur passage à ses côtés.
6. L’alliance avec « Le Greffier »
Parmi les figures habituelles du campus, il y en avait une autre : un grand corbeau noir au plumage ébouriffé, reconnaissable à une plume blanche sur l’aile. Les étudiants l’avaient surnommé « Le Greffier ».
Leur relation avait commencé par une observation mutuelle autour des graines et des friandises. Le Professeur Meow laissait l’oiseau s’approcher sans jamais montrer d’agressivité. Une trêve pacifique s’était installée. On les voyait souvent sur la pelouse, à quelques mètres l’un de l’autre, observant tranquillement le va-et-vient des étudiants.
7. Le poids des années
Le temps a fini par marquer le corps du Professeur Meow. Après une décennie de présence, son pelage s’est adouci vers un roux plus terne. Il marchait avec une certaine raideur, surtout lors des matins très froids.
Sauter sur son banc demandait désormais un effort mesuré. Malgré la fatigue liée à l’âge, il ne manquait pas une journée. Sa patrouille dans le bâtiment des lettres était plus lente, mais son regard restait brillant. Il continuait de scruter les visages, refusant de renoncer.
8. Le mur des souvenirs
Il y avait un endroit que le Professeur Meow fréquentait avec une dévotion particulière : un mur commémoratif en pierre où étaient apposées de petites plaques en hommage aux anciens membres de la faculté.
Le chat pouvait rester là, assis sagement, les yeux levés vers les plaques. Qu’il pleuve ou qu’il neige, il gardait cette posture attentive, sous le regard lointain du corbeau posé sur la corniche.






