Les lettres
Caroline a ouvert le coffre.
Et elle s’est figée.
À l’intérieur se trouvaient des centaines de lettres.
Des photographies.
Des souvenirs.
Une petite pochette en velours.
Elle l’a ouverte.
À l’intérieur reposaient les magnifiques alliances de Ruth.
Caroline a porté une main à sa bouche.
Mais ce n’était pas tout.
Tout au fond du coffre se trouvait une pile d’enveloppes.
Une.
Deux.
Dix.
Puis des dizaines.
Caroline les a sorties une par une.
Il y en avait quarante-sept.
Toutes fermées.
Toutes portant son prénom.
Toutes avec une date.
Elle en a ouvert une.
Puis une autre.
Ses yeux se sont remplis de larmes.
Ruth avait écrit une lettre pour chaque anniversaire de Caroline.
Même ceux qu’elles avaient passés loin l’une de l’autre.
Même pendant les années de silence.
Même lorsque Caroline pensait que sa grand-mère ne voulait plus entendre parler d’elle.
Ruth avait continué à écrire.
Elle n’avait simplement jamais envoyé les lettres.
Caroline s’est assise sur le vieux tapis.
Elle lisait.
Je me suis installée sur ses genoux.
Elle pleurait doucement.
Mais cette fois, ce n’était plus le même chagrin.
C’était un chagrin mélangé à quelque chose de nouveau.
La compréhension.
L’amour.
Le pardon.
Pendant deux heures, elle a lu les lettres.
Et moi, je suis restée là.
À l’empêcher de se perdre dans ses souvenirs.





