Parfois, je repense à cette journée au refuge.
À tous ces gens qui sont passés devant mon enclos.
À tous ceux qui ont vu un chat tranquille.
Peut-être pensaient-ils que je n’étais pas intéressé.
Ils ne savaient pas.
Ils ne savaient pas que, derrière mon silence, j’espérais.
Ils ne savaient pas que je suivais chacun de leurs mouvements du regard.
Ils ne savaient pas que j’attendais simplement quelqu’un capable de rester quelques minutes de plus.
Puis mes humains sont arrivés.
Ils ne m’ont pas demandé de devenir un autre chat.
Ils ne m’ont pas demandé de miauler.
Ils ne m’ont pas demandé de jouer.
Ils ont simplement attendu.
Et moi, à mon tour, j’ai fait le premier pas.
Un petit pas.
Un nez posé contre une main.
Puis des bras.
Puis une maison.
Puis une vie entière à découvrir.
Aujourd’hui, je comprends quelque chose que je ne savais pas lorsque j’étais au refuge :
être discret ne signifie pas ne pas aimer.
Parfois, les sentiments les plus profonds sont simplement silencieux.





