Trois chatons abandonnés. Une route déserte. Un skateboard électrique. Et une décision qui allait changer leur destin.
Le vent chaud me frappait le visage tandis que mon skateboard électrique filait sur la route.
J’avais déjà parcouru plusieurs kilomètres et, pour la première fois depuis le début de mon voyage, je ne pensais à rien.
Seulement au bruit régulier des roues sur l’asphalte.
Au soleil.
À la mer que l’on devinait parfois derrière les collines.
À cette sensation rare de liberté que l’on ressent lorsqu’on avance sans savoir exactement où l’on dormira le soir.
Puis j’ai entendu quelque chose.
Un cri.
J’ai d’abord pensé à un oiseau.
J’ai continué quelques mètres.
Puis le son est revenu.
— Miaou…
J’ai immédiatement freiné.
Quelque chose, au fond de moi, venait de comprendre que ce bruit n’avait rien de normal.
J’ai retiré mes écouteurs.
Le vent s’est tu.
La route semblait soudain immense et silencieuse.
Puis…
— Miaouuu…
Cette fois, je n’ai plus hésité.
J’ai abandonné mon skateboard sur le bas-côté et je suis descendue dans le fossé.
Je ne savais pas encore que trois petites vies m’attendaient là.
Le premier chaton
La chaleur était étouffante.
Mes chaussures s’enfonçaient dans la terre sèche tandis que j’écartais les herbes avec mes mains.
— Où es-tu, petit ?
Aucune réponse.
Puis j’ai aperçu deux petits yeux.
Un chaton.
Minuscule.
Sale.
Tremblant.
Il était tellement maigre que son petit corps semblait presque disparaître dans la poussière.
Je me suis accroupie.
— Oh non…
Il ne s’est pas enfui.
Il n’en avait probablement plus la force.
Je l’ai pris doucement entre mes mains.
Il était brûlant.
Déshydraté.
Et surtout… terriblement léger.
Je l’ai placé contre moi sous ma veste.
Mais quelque chose me disait que je ne pouvais pas repartir avec un seul chaton.
J’ai regardé autour de moi.
— Il y en a d’autres, n’est-ce pas ?
Je ne savais pas pourquoi je le pensais.
Mais j’avais raison.
Deux petits yeux dans les herbes
J’ai commencé à chercher.
Sous un buisson.
Derrière une vieille pierre.
Près d’un morceau de carton abandonné.
Rien.
Puis j’ai entendu un bruit presque imperceptible.
— Miaou…
Je me suis immobilisée.
— Je t’ai entendu.
J’ai écarté les branches.
Et là, j’ai découvert le deuxième.
Encore plus petit.
Il était collé contre un troisième chaton.
Ils étaient tellement serrés l’un contre l’autre qu’ils semblaient former une seule petite boule de fourrure.
Mon cœur s’est serré.
Trois.
Ils étaient trois.
Trois chatons abandonnés au milieu de nulle part.
Sans leur mère.
Sans eau.
Sans nourriture.
Avec des véhicules qui passaient à quelques mètres d’eux.
J’ai regardé la route.
Les voitures continuaient de défiler.
Personne ne s’arrêtait.
Personne ne semblait même les avoir remarqués.
J’ai murmuré :
— Vous auriez pu mourir ici sans que personne ne le sache…
Les trois petits ont commencé à bouger contre ma veste.
C’est à cet instant que j’ai pris ma décision.
Je ne repartirais pas sans eux.





